Sauveur, bourreau, victime... à quoi tu joues ?

Mis à jour : mai 6

Il y a des personnes qu’on s’évertue à aider sans résultat, d’autres qui nous font régulièrement sortir de nos gonds en suscitant notre agressivité ...

Et nous voilà en train de nous plaindre régulièrement d’eux ou des situations que ces relations génèrent sans vraiment chercher de solution…


Sauveur, bourreau et/ou victime...

Bienvenue dans le triangle dramatique (ou triangle de Karpman) !


Le triangle dramatique, figure d'analyse transactionnelle proposée par Stephen Karpman en 1968, est une forme de « jeu psychologique » manipulatoire auquel nous sommes exposé(e)s régulièrement.

Or c’est loin d’être un jeu drôle et épanouissant !

C’est plutôt une impasse relationnelle, source de conflits improductifs qui peuvent apporter des bénéfices secondaires immédiats aux acteurs mais beaucoup de souffrance sur le long terme.

C’est très souvent le triangle dramatique qui est à la source des relations toxiques.





Comment ça se passe ?


Un des protagonistes va endosser un rôle : victime, bourreau ou sauveur. Cela va encourager son interlocuteur à endosser l’un des deux autres rôles complémentaires. Le troisième rôle, qui est nécessaire au triangle, peut être joué par une personne présente, ou absente mais rendue présente dans le discours de celui qui l’invoquera.

Les rôles sont interchangeables au cours d’un même échange, le triangle tourne !

Et le jeu relationnel toxique et blessant s’auto-alimente…


Qu’est ce qui nous motive ?


La « victime » est en général en demande d'affection, d’attention ou de reconnaissance. Elle montre peu de confiance en elle, elle a le sentiment de ne pas être capable ou d’être opprimée, maltraitée, dans une vulnérabilité qu’elle ne gère pas ou qu’elle n’assume pas. Elle a de la peine à prendre ses responsabilités, trouver des solutions et résoudre ses problèmes. Elle cherche un « sauveur » et si elle n’est pas persécutée, elle trouvera un "persécuteur".

Elle dit : “Je fais tout bien et il me fait sans cesse des reproches.” – “Je ne vois pas comment le satisfaire, il n’est jamais content de toute façon.” – “Je n’ai jamais de chance, pour vous c’est plus facile.” – “Tu ne viens jamais me voir, personne ne fait attention à moi”...


Le « bourreau » ou « persécuteur » est contrôlant, il blâme, ironise, dénigre et se met en colère. Il montre de la rigidité et de la supériorité, une certaine forme de pouvoir sur l'autre le motive. Il peut être un « sauveur » contrarié ou une « victime » qui se rebelle. Mais le « persécuteur » n’est pas forcément une personne, il peut être une maladie, une addiction, un élément extérieur voire la société toute entière du moment que la victime a besoin d’un bourreau.

Il dit : “Tu ne fais rien comme il faut !” – “Je te le dis tout le temps !” – “Tu n’arrêtes jamais de !” …


Le « sauveur » est le rôle qui paraît le plus gratifiant et bien intentionné. Dans le triangle de Karpman, le "sauveur" est animé par son besoin de reconnaissance et sa culpabilité de ne pas intervenir. Il a besoin d’une "victime" et d’un "persécuteur" pour se positionner, tout en s’efforçant de maintenir ce rôle qui nourrit son ego et lui permet éventuellement d’éviter ses problèmes en se concentrant sur ceux des autres. Pour cela, il garde la "victime" dans une posture d’impuissance et d’incapacité, de manière souvent inconsciente, en tentant de résoudre ses problèmes à sa place (avec plus ou moins de succès) même (et surtout) si on ne le lui demande pas.

Il dit : “Je suis occupé mais je vais t’aider.” – “J’ai fait ça pour toi.” – “Laisse-moi m’en occuper.” – “Je vais régler ça”...





Chacun de nous peut avoir une certaine forme de prédilection pour un des rôles en particulier. C’est avec ce rôle que nous entrons alors « dans la danse », mais nous sommes tout à fait susceptibles de jouer les trois rôles à tour de rôle, du moment que l’on trouve un intérêt à ce que le « jeu » continue.

Notre rôle de prédilection nous vient le plus souvent de notre schéma familial originel et de la place que nous y tenions. Il repose sur une difficulté à exprimer clairement ses besoins, ses émotions, ses ressentis et ses idées et un désir « égoïste » de s’auto satisfaire plutôt que sur une vision altruiste de la situation.


Comment en sortir ?


Le triangle de Karpman est donc un jeu psychologique qui brouille et biaise la communication. C’est en identifiant mieux nos besoins, nos émotions et nos ressentis pour les exprimer plus clairement, pacifiquement et de manière responsable que nous parvenons à sortir du triangle dramatique et éviter ces conflits douloureux et stériles.


La clé pour ne pas être embarqué(e) dans ce triangle dramatique est d'arriver à identifier très vite le "jeu" de son interlocuteur et vers quel rôle nous sommes tentés d'aller pour lui répondre.


  • On peut dès lors décider de sortir du rôle :



Sortir du rôle de victime : Ne soyez plus dans la plainte et l'apitoiement, responsabilisez-vous face aux difficultés. Prenez conscience de vos ressources personnelles et travaillez votre confiance en vous. N’oubliez pas que vous êtes acteur/actrice de votre vie ! N’attendez plus des autres les solutions à vos problèmes. Si vous avez réellement besoin d’être soutenu(e), faites une démarche auprès d’un professionnel (psy ou coach), qui saura respecter vos limites, vous encourager à trouver vos propres solutions et gagner en autonomie.


Sortir du rôle de persécuteur : Apprenez à gérer votre colère, travaillez votre empathie et votre lâcher prise. Interrogez-vous : qu’est-ce qui vous met autant en colère chez l'autre ? Cette colère est-elle utile, productive ? La situation de l'autre a-t-elle à voir avec vous ? Chaque personne est différente et ne dispose pas des mêmes ressources. Chaque problème peut être résolu de plusieurs façons différentes et tout le monde a le droit à l’échec. Soyez plus indulgent. Si vous vous sentez acculé(e) dans ce rôle de manière répétitive et douloureuse dans vos relations, n'hésitez pas à consultez pour dénouer ce nœud !


Sortir du rôle de « sauveur » : Apportez votre aide seulement quand on vous la demande et surtout dans la limite de vos possibilités et de vos désirs. Ne prenez en compte que les demandes d’aide clairement exprimées et ne sous-estimez pas la capacité de l’autre à résoudre seul ses problèmes. N’en faites pas trop et surtout pas plus qu’on ne vous le demande. Laissez les personnes trouver leur propre solution même si vous pensez pouvoir mieux faire. Apprenez à dire non sans culpabiliser et ... à ne pas culpabiliser l'autre de l'aide que vous lui avez apportée ! Si vous vous sentez régulièrement blessé(e) et désabusé(e) dans des relations où vous avez le sentiment de donner de "trop" sans arriver à dire non, le travail avec un professionnel du champ psy vous aidera à identifier et respecter vos limites (et celles de l'autre !).


  • On peut également sur le moment choisir de répondre en "miroir" (de victime à victime, sauveur à sauveur, persécuteur à persécuteur) : la complémentarité ne peut alors plus se mettre en place et le triangle dramatique non plus. C'est particulièrement pertinent et efficace face à une "victime". On lui répond alors sur le même mode "victime" : par exemple, elle se plaint alors nous nous plaignons à notre tour... Elle ne trouvera pas le partenaire de jeu attendu et le message sera vite compris.



  • Enfin, on peut aussi tenter de clarifier l'échange au maximum en posant des questions précises sur les attentes de l'autre, ses besoins, ce qu'il ressent tout en restant calme, bienveillant et neutre. Cela peut élever le dialogue pour le rendre plus sain et productif. Cela demande de la réflexion, du recul et du sang-froid, ce qui n'est pas toujours évident face à l'impact émotionnel du triangle dramatique.





Bien sûr, on peut toujours rendre service sans materner, donner son avis sans dénigrer, raconter ses soucis sans se victimiser. Un échange relationnel sain est toujours conditionné par le respect de l'autre, ses limites, sa singularité et l'équilibre des places de chacun !


A bientôt !

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