Mieux comprendre et prévenir le suicide.

Mis à jour : mai 6

En France, une personne se suicide toutes les heures.

Pourtant, le suicide fait encore l'objet de beaucoup d'idées reçues.


J’ai moi-même été confrontée de près comme de loin au suicide, au niveau professionnel, amical et familial…

C’est un sujet sensible, violent et douloureux, dont on parle peu et maladroitement. La plupart des "jugements" extérieurs sont une manière de se défendre de la détresse, la colère ou la culpabilité ressentie face aux idées suicidaires, aux tentatives ou au suicide d'un proche.

Dénouons d’abord ensemble quelques idées fausses...



  • Parler de suicide, c’est pour attirer l’attention.

Une personne qui a des paroles suicidaires n’est jamais à prendre à la légère. Le risque de suicide reste très présent si la personne en parle. Même si elle ne passe pas forcément à l’acte, elle exprime alors derrière ses paroles une très grande souffrance. Elle a un réel besoin d’être entendue et aidée.


  • Si la personne en parle, alors elle ne le fera pas.

Dans la continuité de la première idée, cette idée-là est complètement erronée. Beaucoup de suicidaires en parlent avant de passer à l’acte, même si tous ceux qui en parlent ne le feront pas. C’est même un signe de risque accru ! Plus la personne élabore son acte (mode opératoire, matériel, timing), plus le risque est important !


  • Une personne suicidaire a forcément un trouble psychologique ou psychiatrique.

Une personne peut porter atteinte à sa vie sans être dépressive diagnostiquée ou avoir déclaré de maladie psychiatrique (qui restent tout de même des facteur aggravants). C’est l’accumulation de sources de souffrance liées au vécu (deuils, difficultés financières graves, maladie...) et la difficulté à y faire face émotionnellement qui peut la conduire au pire. Attention, elle peut même masquer sa détresse et rester sociable et souriante jusqu’au passage à l’acte !


  • Le suicide est un geste imprévisible, on ne peut pas l’empêcher.

Il peut parfois l’être, mais c’est rare. Le tempérament impulsif d’une personne est d’ailleurs un indice accru de vigilance. Mais la plupart du temps il y a des signaux contextuels et comportementaux, même quand la personne affiche son visage habituel. Si on parvient à rester à l’écoute, on peut prévenir l’acte de suicide.


  • Le suicide est héréditaire.

Nul besoin de venir d’une famille marquée par le suicide pour se suicider. En revanche, c'est vrai qu'il existe un risque accru dans ce type de configuration, davantage lié à la fragilité émotionnelle dont on peut hériter dans une famille où cette dernière est fréquente. Prévenir évite de reproduire le suicide comme réponse et subir cet « héritage ».


  • Le suicide est un acte de lâcheté.

Plus que de vouloir échapper à la vie, le suicide est un moyen de faire cesser une douleur morale intense et intolérable vécue comme insurmontable. Une personne qui passe à l’acte a le sentiment de ne plus avoir aucun recours pour faire cesser cette souffrance. Et même dans ces conditions, porter atteinte à sa vie et à son intégrité physique n’est pas un acte de facilité. C’est un acte contre-nature, d’une grande violence contre soi-même et d’un désespoir inouï. Souvent, il répond à l’illusion altruiste de soulager ses proches !



Que faire face à un proche qui évoque des idées suicidaires ?


1. En parler !


Face à un proche qui a l’air d’aller très mal, il ne faut pas hésiter à aborder le sujet, en restant délicat : a-t-il des idées noires ? Pense-t-il à la mort ? Il ne faut pas avoir peur de « provoquer » ce genre d’idées chez l’autre. Au contraire, il aura le sentiment de pouvoir se confier sur son mal-être, d’être considéré dans sa souffrance. S’il n’y pense pas, il ne faut pas insister, mais s’il confirme avoir des idées suicidaires, il faut pouvoir lui demander des précisions (comment ? quand ?). Comme dit plus haut, cela permet de prendre la mesure du risque (plus c’est précis plus le risque est grand) et les dispositions pour l’éviter.


2. Ne pas garder pour vous ce type de confidences !


A votre tour, il faudra en parler discrètement avec d’autres proches de la personne (avec qui elle a une bonne relation !) dans le but d’aider la personne à se tourner vers un ou des professionnels susceptibles de lui proposer l’écoute et les soins adéquats : médecin traitant, psychologue, psychiatre… En se confiant à vous, elle ouvre une possibilité de se faire aider… mais ne restez pas seul avec l’éventualité que ça puisse tourner mal. Vous trouverez si besoin en bas de page les numéros d'appels de Suicide Ecoute et SOS Suicide Phénix, spécialisés dans la problématique du suicide.


3. Restez présent(e) !


Même si d’autres personnes, proches ou professionnels vous donnent le sentiment d’avoir pris le « relais », gardez tant que vous pouvez la proximité du lien que vous avez habituellement avec cette personne. Il est important qu’elle n’ait pas le sentiment d’être «lâchée » après s’être confiée à vous, elle a d’autant plus besoin de votre soutien en entreprenant des soins. Cela vous permet aussi de savoir si elle les poursuit bien, si elle va mieux… Néanmoins, il est légitime et humain de ne parfois pas supporter de se confronter à la souffrance de l'autre, au sentiment d'impuissance. Si vous avez permis qu'un réseau d'aide se forme autour de cette personne et que vous avez besoin d'aménager un peu de distance pour vous préserver, écoutez-vous !


4. Ne montrez pas ouvertement de désaccord avec les aides proposées.


Vous pourrez peut-être avoir des réserves sur certaines propositions des professionnels comme la médication, l’hospitalisation en milieu spécialisé... Essayez de les considérer à la mesure du risque et de ne pas vous interposer entre votre proche et ses soignants au risque d’une rupture de soin. Il sera toujours temps de voir si cela lui apporte un bénéfice à moyen terme et de revoir avec lui s’il souhaite un autre abord, une fois la crise passée.



---------------------------------------------------------------------------------------


Vous avez vous-même des idées noires ?

Vous ruminez ces pensées et redoutez de passer à l'acte ?

Vous avez le sentiment de pas parvenir à envisager d'autres issues ?



En urgence : (En cas de risque suicidaire avéré : idées suicidaires, projet/scénario de suicide et/ou accès à des moyens létaux )

  • Appeler le Samu 15 ou le 112

  • Appeler SOS Médecin : 36 24

Pour consulter :

  • Le médecin traitant

  • Un spécialiste en psychiatrie ou un psychologue

  • Le Centre médico-psychologique (CMP) de secteur

  • En tant que psychopraticienne en relation d'aide, je suis bien sûr à votre écoute :

Tél : 07 83 47 85 52 ou par mail : contact@krystal-conseil.com.


Pour parler :

  • SOS Amitié : Permanence d’écoute téléphonique 24h/24, 7j/7. Tél. : 01 42 96 26 26 (Ile-de-France). Retrouvez les numéros régionaux d’appel sur www.sos-amitie.org

  • Suicide Ecoute : Ecoute des personnes confrontées au suicide. Permanence d’écoute téléphonique 24h/24, 7j/7. Tél. : 01 45 39 40 00 Site Internet : www.suicide-ecoute.fr

  • SOS Suicide Phénix : Accueil et écoute de toute personne confrontée à la problématique du suicide. Permanence d’écoute téléphonique 7j/7. Ligne nationale : 0 825 12 03 64 (de 16 h à 23 h). Ligne Ile-de-France : 01 40 44 46 45 (de 12h à minuit). Site Internet : www.sos-suicide-phenix.org


Vous n'êtes pas seul(e) !


8 vues
  • Facebook Social Icône
  • LinkedIn Social Icône

Lun - Mar - Jeu - Ven: 10h00 - 19h00

Mer : 10h00 - 18h00

​​Samedi: 10h00 - 13h00

Fermé le dimanche​

Logo de l'Association des Psychanalystes Européens

Les informations recueillies sur ce formulaire sont enregistrées dans un fichier informatisé par Krystal-Conseil pour le traitement de vos informations. La base légale du traitement est le traitement des données à caractère personnel.

Les données collectées seront communiquées au seul destinataire suivant : Christelle Festin,consultante psychopraticienne.

Les données sont conservées pendant 5 ans.

Vous pouvez accéder aux données vous concernant, les rectifier, demander leur effacement ou exercer votre droit à la limitation du traitement de vos données. Vous pouvez retirer à tout moment votre consentement au traitement de vos données.

Consultez le site cnil.fr pour plus d’informations sur vos droits.

Pour exercer ces droits ou pour toute question sur le traitement de vos données dans ce dispositif, vous pouvez contacter Christelle Festin au 07 83 47 85 52.

Si vous estimez, après l'avoir contactée, que vos droits « Informatique et Libertés » ne sont pas respectés, vous pouvez adresser une réclamation à la CNIL.