Souffrance réelle et faux amis.

Mis à jour : mai 6

Comme tout domaine professionnel, le champ psy possède son propre langage, précis et spécifique. Ce "jargon" s’invite toutefois dans les conversations les plus ordinaires.


En empruntant ces chemins de traverse, le vocabulaire étudié de la profession peut prendre un tout autre sens, devenant un lieu commun, voire même un faux ami.


Prenons l’exemple de la dépression, qui fait déjà l’objet d’un de mes articles précédents. La plupart du temps, la dépression évoque un sentiment de tristesse, de souffrance émotionnelle liée à un événement et plutôt passager.

Pourtant, la dépression dans son acceptation psy, c’est un véritable trouble de l’humeur, une « maladie » qui nécessite d’être prise en charge et qui ne dépend pas ou plus de la réalité extérieure de chez qui elle s’est installée.


Allons donc à la rencontre de ces faux amis qui parasitent la bonne compréhension de la souffrance psychique...



Etre bipolaire, ce n’est pas être lunatique, caractériel, impulsif ou manipulateur ! Ce n’est pas souffler le chaud et le froid, cela ne définit pas un type de personnalité...

La bipolarité, à l’instar de la dépression, est un trouble de l’humeur qui se traduit par une alternance d’épisodes dépressifs et d’épisodes d’euphorie. Cette alternance est parfois difficile à mettre en évidence, car certains bipolaires ne manifestent pas forcément d’épisodes euphoriques, mais dans tous les cas il s’agit d’une variation d’humeur. On peut être bipolaire sans être manipulateur ou caractériel et l’inverse est également valable. Chaque personne bipolaire possède sa personnalité propre et doit surtout composer avec une grande difficulté à maintenir une humeur égale propice à son bien-être.


Du coup, être (en état) maniaque, ce n’est pas adopter des comportements sexuels déviants ou être obsédé par l’ordre et le rangement !

Enfin, pas dans le langage psy !

L’état maniaque est précisément l’état d’euphorie excessive qu’un bipolaire peut connaître entre deux épisodes dépressifs. Lors de cette euphorie, il peut présenter des réactions et des actes excessifs (sentiment d'invincibilité, dépenses inconsidérées, hyperactivité, ...) mais rien à voir avec la tyrannie domestique ou des attitudes de pervers sexuel.


La schizophrénie, ce n’est pas un dédoublement de la personnalité !

Voilà une croyance très ancrée dans la pensée collective et souvent faussement relayée au cinéma ou dans la littérature. Or la schizophrénie correspond à une déstructuration chronique de la pensée, des émotions, du comportement qui peut s’accompagner de délires et d’hallucinations. Le schizophrène peut se croire investi de pouvoirs ou la cible de persécutions imaginaires mais il ne présente pas de multiples personnalités, même pas deux ! Il en a une seule, très altérée quand il n’est pas soigné. Un très bel exemple cinématographique est le film « Un homme d’exception ».

Le dédoublement de personnalité correspond à un tout autre trouble, le syndrome dissociatif qui est induit par le refoulement de traumatismes graves… comme on peut le voir (de manière très exagérée) dans le film « Split ».



Le schizophrène souffre de psychose chronique, et pourtant, rien à voir avec la peur et encore moins la peur collective qu’on désigne usuellement avec ce mot.

Psychose, voilà encore un faux ami ! La psychose, pour les psys, c’est donc une déstructuration de la pensée, de l’unité psychique d’un individu qui perturbe son rapport à la réalité. Elle s’oppose à la névrose qui elle, n’entraîne pas de perte de contact avec la réalité et qui permet un accès à la conscience de ses troubles, ce qui est impossible pour un sujet atteint de psychose temporaire ou chronique.


Nous sommes d’ailleurs tous un peu névrosés ! Angoisses, phobies, tics et manies en sont la manifestation, entre autres. Etre névrosé, ce n'est pas forcément grave, c'est même assez normal. Et comme on peut avoir conscience de ses difficultés, ça permet de réagir et pouvoir demander de l'aide quand ça devient trop pesant.


L’hystérie, ce n’est pas faire une crise de nerfs ou être emporté(e) ou surexcité(e) !

L’hystérie, d'abord mise en évidence par Freud est une névrose, c’est-à-dire un trouble affectif et/ou émotionnel, qui s’accompagne de somatisations plus ou moins importantes sans aucune explication médicale. Le psychisme s’exprime alors à travers le corps. Cela touche (semble-t-il) davantage les femmes que les hommes mais nous sommes vraisemblablement nombreux à avoir une petite part d’hystérie en nous !


L’anorexie mentale, dont on parle beaucoup aujourd’hui, n’est pas une simple perte d’appétit et de poids !

Bien plus qu’une histoire alimentaire, il s’agit d’un trouble de la représentation de l’image de soi qui induit un déni de « maigreur ». C’est cette incapacité à se voir telle que l’on est qui mène à des conduites alimentaires dangereuses et parfois mortelles. Même en risque vital, même en se confrontant à des photos d’elle, l’anorexique mentale ne se voit pas maigre mais trop grosse ou imparfaite ! C’est bien plus qu’un désir de perdre du poids, même si ça se met en place parfois après un premier régime.

Un arrêt et/ou une difficulté/diminution de l’alimentation prolongés (à cause psychologique ou médicale) sont appelés anorexie (mais non « mentale »).



Enfin, voici notre dernière fausse amie du jour, la boulimie.

La boulimie ce n’est pas juste manger beaucoup ou trop (hyperphagie) et elle n’est absolument pas synonyme d’obésité !

Une crise de boulimie est un épisode compulsif paroxystique alimentaire.

C’est-à-dire ?

Rien à voir avec le fait de manger deux paquets de gâteaux ou une tablette de chocolat pour compenser un petit moment de tristesse ou d’anxiété (hyperphagie).

La boulimie est hors de contrôle et sans notion de plaisir, la quantité de nourriture ingérée lors d’une crise est extrême, sans distinction sur les aliments (indifféremment sucré, salé, froid, chaud voire crus.. selon ce qui est à portée), souvent jusqu’à la douleur et aux vomissements, qu’ils soient naturels ou provoqués ensuite.

Et oui, on peut être boulimique et mince, voire maigre, quand on a recours à des comportements compensatoires (vomissements, sport intensif, laxatifs, diurétiques, jeûnes et régimes, ...).

Tout comme l’obésité n’est pas forcément le signe d’un trouble alimentaire !


Alors, attention aux idées reçues et aux lieux communs qui pourraient vous empêcher de comprendre ce qui se passe chez un de vos proches qui souffre.

N'oubliez pas de vous informer auprès de lui et des professionnels !

Et surtout, bien choisir ses mots, c'est aussi éviter de blesser davantage...



A bientôt !

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