Responsable n'est pas coupable... (ou comment gérer sa culpabilité)

Mis à jour : mai 6


La culpabilité est une émotion archaïque et certainement une des plus répandues à travers les individus, au même titre que la joie ou la colère.

C'est un signe d'équilibre psychique !

A moins d'être sociopathe, chaque personne est sujette à la culpabilité, consciemment ou plus inconsciemment ... et de manière plus ou moins envahissante.



Qu'est-ce que la culpabilité ?


Pour faire très simple, la culpabilité est le fait de se sentir fautif, que cette faute soit réelle... ou imaginaire !

Le sentiment de culpabilité intervient lorsque nous agissons (ou pensons) à l'encontre de nos valeurs morales. Elle vient signaler une discordance entre nos actes (ou ce que nous envisageons de faire) et ce à quoi nous aspirons, en termes de valeurs et/ou de désir.

Chaque personne a sa propre sensibilité face à cette émotion bien spéciale, qui fait se croiser sa notion personnelle du bien et du mal, son regard sur elle-même et sa perception du regard de l'autre.


Toujours désagréable, ce sentiment n'est pas forcément négatif !

La culpabilité fait partie de ce qui nous permet aux de réguler nos actions pour mieux vivre ensemble. Associée à la capacité d'empathie, c'est elle qui nous permet d'ajuster nos comportements à ce que nous percevons des autres : leurs émotions, leur intégrité, leurs attentes, leur peine...


Conscientisée, elle permet de réajuster notre attitude et de prendre de meilleures décisions, plus en accord avec nous-même et propices à une plus grande harmonie intérieure ... et extérieure.


Mais que faire quand la culpabilité s'enracine et devient douloureuse ?


Cette émotion éprouvante devient parfois tenace et peut s'amplifier en s'accompagnant d'un sentiment d'embarras et/ou de honte.

A trop se sanctionner intérieurement, se juger et se flageller, la culpabilité peut devenir obsédante, "paralysante" et provoquer des ruminations, une altération de l'humeur voire des comportements de défense anxieux tels que des TOC ou des troubles alimentaires ...

Elle peut également s'ancrer dans le corps et se manifester à travers des somatisations comme l'agitation, les insomnies, des tensions, des douleurs (céphalées, dorsalgie...)...





Il devient alors impératif d'admettre et d'identifier son "malaise" pour le questionner :


  1. Est-ce que je me sens "coupable" ou en contradiction avec moi-même ?

  2. Laquelle de mes actions (ou non-action !) alimente ce sentiment ?

  3. Ai-je VRAIMENT fait un "mauvais" choix (dommageable pour moi ? pour l'autre ? contraire à mes valeurs ?) ?

  4. Ai-je une part de responsabilité et/ou une marge d'action dans cette situation ?

  • Si NON, comment accepter cette situation que je ne peux pas changer, en admettant que j'ai fait de mon mieux ?

  • Si OUI, laquelle ? Et que puis-je changer dans mon attitude actuelle ou mes choix à venir pour me sentir mieux, plus en paix avec moi-même ?


Il est également primordial de repérer si ce sentiment de culpabilité qui vous habite n'est pas nourri "de l'extérieur", dans le cadre d'une (ou plusieurs) relation(s) où une personne aurait tendance à vous culpabiliser de manière inappropriée et/ou répétée.


Crédit : Fannys


Dans ce cas, toujours en vous appuyant sur ces questions, tâchez de faire la part entre ce qui vous appartient et ce qui revient à l'autre. Vous pourrez ainsi mieux vous positionner vis-à-vis de cette ou ces personne(s) en réaffirmant la légitimité de vos désirs et de vos choix, pour mieux vous dégager des projections et/ou accusations déplacées.


Coupable, non ! Mais responsable, peut-être...


Sortir du sentiment de culpabilité, c'est finalement parvenir à faire la différence entre "culpabilité" et "responsabilité".


  • Se sentir coupable, c'est la plupart du temps disproportionné, peu constructif et toujours disqualifiant.

  • Prendre acte de ses responsabilités, c'est plus juste et réaliste envers vous-même, moins dévalorisant et plus constructif.


Se sentir responsable plutôt que coupable, c'est être capable de prendre en considération les conséquences de ses actes et de les remettre en perspective, plutôt que de les subir et d'en souffrir trop profondément et ... vainement.

En redevenant acteur/actrice de la situation, en mesurant plus objectivement votre marge d'action, qu'elle soit grande, faible (voire nulle) et en ajustant vos décisions et votre posture interne en fonction de ce constat, vous parvenez à mieux composer avec cette épineuse et pourtant indispensable émotion.


Attention : cela demande forcément de s'accorder un regard moins exigeant et critique, de se donner le droit à l'erreur et d'être prêt à se réconcilier avec soi-même !



Alors écoutez-vous... mais ne laissez pas la culpabilité devenir un poids qui vous empêche d'avancer !



A bientôt !




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